Le Premier ministre Andy Burnham a admis que son premier budget n'était pas aussi radical qu'il l'aurait souhaité, attribuant cette décision à une incertitude économique significative pesant sur la nation. S'exprimant auprès d'ITV, Burnham a expliqué que, bien qu'il désirât mettre en œuvre des mesures supplémentaires, telles que des paiements de soutien énergétique plus élevés, des événements externes comme la guerre en Iran avaient fait monter les coûts d'emprunt et restreint la marge de manœuvre du gouvernement.

Le Chancelier John Healey a annoncé mercredi une série de mesures relativement modestes, notamment un paiement de 100 £ pour la plupart des ménages afin de les aider à faire face aux factures énergétiques hivernales. Cette annonce a suscité des critiques concernant l'insuffisance des actions en matière de dépenses de défense, de réductions des prestations sociales et de soutien plus large au coût de la vie. Burnham a défendu cette décision comme une étape significative, notant que demander aux banques de rembourser l'aide reçue il y a deux décennies et fournir des paiements à 20 millions de ménages représentait un progrès substantiel dans les contraintes disponibles.

Burnham a souligné que la volatilité actuelle des événements mondiaux rend impossible la livraison d'un budget idéal. Il a déclaré qu'aucun Premier ministre ou Chancelier ne prétendrait que son budget était parfait, compte tenu des difficultés inhérentes à la planification fiscale en temps de turbulence. Pour l'avenir, il a exposé des plans de réformes majeures du système de prestations visant à empêcher les jeunes d'avoir besoin de demander une aide sociale sauf s'ils sont incapables de travailler en raison d'un handicap ou d'autres raisons spécifiques.

Ces réformes des prestations sociales seront détaillées dans les mois à venir, suite à deux rapports majeurs de l'ancien ministre Alan Milburn et du ministre actuel Stephen Timms. Burnham a assuré que ces changements n'impliqueraient pas de « coupes brutales » menant à une crise absolue, bien qu'il ait réitéré sa position selon laquelle les personnes dans la vingtaine ne devraient pas dépendre des prestations si elles sont capables de travailler.

À sa prise de fonction cette année, Burnham a promis la fin de 40 ans de néolibéralisme avec des changements économiques balayants, notamment une imposition plus élevée sur la richesse et la nationalisation des grands services publics. Cependant, le gouvernement s'est jusqu'à présent concentré sur des annonces plus petites destinées à offrir aux électeurs un « espace pour respirer » tandis que des plans plus radicaux sont élaborés. Ces mesures ont inclus des réductions d'impôts sur les factures énergétiques, une baisse des tarifs de bus et des amendes pour jouer de la musique fort dans les transports en commun.

La dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a remis en question l'ampleur du budget, suggérant que de nombreux citoyens le trouveraient insuffisant. Burnham a noté que ses options étaient encore limitées par le manifeste travailliste de 2024, qui avait sécurisé une victoire écrasante mais exclu toute augmentation de l'impôt sur le revenu, des cotisations sociales ou de la TVA. Il a admis que s'il avait écrit lui-même le manifeste, il aurait été différent, bien qu'il ait indiqué qu'il chercherait son propre mandat à l'avenir.

Le gouvernement fait également face à des pressions concernant les dépenses de défense. Tan Dhesi, président travailliste de la commission de sélection de la défense, a accusé l'administration d'inaction cette semaine. Le secrétaire à la Défense Wes Streeting a rejeté ces allégations, déclarant que des investissements immédiats sont déjà en cours et que d'autres seront annoncés lors de l'examen des dépenses. Streeting a reconnu que des compromis sont nécessaires, faisant allusion à des réductions potentielles dans d'autres départements l'année prochaine pour prioriser le financement de la défense.

Sources: The Guardian Business.