Les dirigeants du secteur énergétique au Royaume-Uni font face à une réglementation plus stricte dans le cadre d'une nouvelle offensive contre la vente abusive, leurs bonus étant susceptibles d'être réduits lorsque les fournisseurs ou les courtiers enfreignent les règles. Le gouvernement prévoit d'introduire le projet de loi sur l'indépendance énergétique ce mercredi, qui habilitera le régulateur Ofgem à ordonner des indemnisations, à imposer des amendes et à interdire les opérateurs convaincus d'avoir poussé les entreprises et les ménages vers des contrats énergétiques gonflés.
Actuellement, de nombreuses entreprises s'appuient sur des courtiers pour sécuriser des accords d'approvisionnement énergétique, mais ces intermédiaires restent largement non réglementés par rapport à ceux des secteurs hypothécaire ou assurantiel. Les responsables déclarent que des courtiers malhonnêtes ont exploité cette lacune en orientant les petites entreprises vers des accords surévalués tout en empochant des commissions cachées. En soumettant ces courtiers et les services de comparaison de prix à la compétence d'Ofgem, le gouvernement espère faire économiser aux entreprises plus de 100 millions de livres sterling par an provenant de ces coûts cachés et de ces pratiques de vente abusive.
La législation aborde également l'indignation publique concernant la rémunération des dirigeants, ciblant spécifiquement les paiements versés aux patrons qui se sont « récompensés eux-mêmes alors que les clients souffraient ». La secrétaire à l'Énergie, Miatta Fahnbulleh, a souligné que les consommateurs ne devraient pas être obligés de se battre pour un traitement équitable ou de voir des dirigeants s'en aller avec de gros bonus tandis que les familles et les entreprises supportent le fardeau financier des échecs corporatifs.
Au-delà de la protection des consommateurs, le projet de loi expose des politiques énergétiques plus larges, notamment en conférant aux autorités locales des pouvoirs renforcés pour infliger des amendes allant jusqu'à 30 000 livres sterling aux propriétaires qui ne respectent pas les normes d'efficacité énergétique. Il introduit également un moratoire sur le fracturation hydraulique (fracking) en mettant fin à de nouvelles licences terrestres en Angleterre. Bien que l'interdiction exclue les opérations de faible volume et le « proppant squeeze », des critiques comme Tony Bosworth de Friends of the Earth estiment que cela permet à l'industrie de fonctionner sous d'autres noms. À l'inverse, des experts tels que le professeur Stuart Haszeldine avertissent que le fracturation hydraulique de faible volume peut toujours provoquer des tremblements de terre imprévisibles similaires aux opérations de grand volume.
L'annonce intervient dans un contexte de surveillance politique concernant le programme vert du gouvernement, à la suite de récentes coupes budgétaires au ministère de l'Énergie et d'avertissements du chancelier concernant les projets éoliens en mer. Malgré ces défis, les ministres maintiennent leur engagement à atteindre les objectifs de production d'énergie propre d'ici 2030.
Sources: The Guardian Business.